Une éducation à l’environnement au Timor

Dans mon équipe, nous sommes cinq : Mathilde, Laure, Paul, Paul-Antoine et Antoine. Du groupe XIVe Cathédrale Le Mans. Longtemps nous avons été fascinés par les compagnons de notre groupe qui partaient à l'autre bout du monde, autonomes et sûrs d'eux pour des aventures hors du commun. Cet été, c'était notre tour. Nous avons choisi comme destination le Timor Leste ! Une destination pas banale, un petit pays situé au Nord de l'Australie avec notre partenaire PERMATIL. Pendant deux ans, nous avons travaillé pour réaliser ce projet. Il s'inscrit dans la suite de notre expériment court à la Bergerie de Faucon avec le père Guy Gilbert.

Le 28 juillet nous nous envolions pour Dubai, Kuala Lumpur, Bali et enfin Dili (la capitale du Timor). Le voyage était long, la chaleur écrasante et les moustiques nous dévoraient déjà les pieds que nous savions à quel point notre projet allait être enrichissant ! Européens, Français... se fondre dans la population n'est pas chose aisée : on nous observait, touchait, essayait de parler avec nous, mais la langue n'était pas la même. Là-bas, on parle Tétun, un dialecte local ! "Diak Diak" Nous retrouvons Octo et Nina, deux Scouts Timorais, étudiant à l'université de Dili, ils furent nos interprètes et guides tout au long de notre séjour... Nos objectifs, nous former à la permaculture (agriculture biologique) et transmettre nos compétences en protection de l'environnement dans les villages : sachets en plastique, paquets de cigarettes et les bouteilles en plastique qui jonchaient le sol étaient notre combat. Pour cela notre foulard scout était notre meilleure arme et notre sourire notre meilleur allié ! Ainsi, pendant un mois, nous avons eu la chance de pouvoir traverser le pays, du district d’Ermera jusqu’à la pointe Est de l’île (Tutuala Beach), à la rencontre des différentes communautés villageoises et religieuses. Nous avons aidé dans les champs de Kasava (Manioc), commencé une action de prévention pour le regroupement des déchets et leur impact sur l’environnement, présenté le scoutisme à de jeunes étudiants, participé à la récolte et aux différentes étapes de préparation du café, visité des champs écoresponsables initiés par des chantiers agraires antérieurs de l’association, repris par les jeunes des villages qui demandent conseils pour améliorer leur production et leur savoir-faire.

D'autres réalités vécues

Au cours de notre séjour,  Lors de la présentation du scoutisme français et de la France en général, les quelques photos de Montmartre, de la Tour Eiffel et des quartiers Parisiens ont suscité un réel enthousiasme de leur part ! La France, ils ne la connaissaient que sous l’égide du football et de « Zizou ». La vie n’est pas la même en matière de mobilité. Le Timor Oriental fait la taille de région Bretagne mais tout est loin là-bas, les routes qui existent sont encore endommagées par les années d’invasion indonésienne et sont peu confortables sur la côte. Quant aux districts, nous avons mis 8h pour parcourir 50 km dans la montagne. Ainsi, la pauvreté et le manque d’infrastructures retiennent les Timorais dans leur village et ils ne connaissent que très peu les environs. Il n’existe pas de train. Les déplacements sont faciles et indispensable en Europe, on arrive à  parcourir la France en quelques heures, mais là-bas c’est  chose impossible. Lors de notre dernière excursion dans le district de Manufahi , nous avons assisté à une sépulture Timoraise. L’homme était malade depuis de nombreux mois mais le village étant dans la montagne, il n’avait jamais pu être évacué vers un hôpital et recevoir des soins. Nous avons alors pris conscience que la mobilité est un réel atout pour l’éducation et le niveau de vie. Enfin,  bien qu’ils possèdent tous un téléphone portable, internet n’est pas démocratisé dans les habitations. Dans les zones commerciales et les bibliothèques la connexion est vraiment très lente. Néanmoins, le peuple Timorais est fier et l’hospitalité est vraiment inscrite dans leur culture ! A peine arrivions-nous dans un village que l’on nous proposait une collation (café, bananes séchées, kasava et riz!) Nous avons dormi sous tente pendant toute la durée de notre projet, soit dans la cour des locaux de l’association ou chez l’habitant quand nous étions dans les districts. Nous nous déplacions environ tous les 3 jours vers une destination nouvelle avant de revenir à l’association planifier l’excursion suivante.

Pistes d'action

scoutdumondeEnvironnement

 

Présentation de l'équipe

Compagnons :

Mathilde, Laure, Paul, Paul-Antoine et Antoine

Équipe :
 2e temps - 2013/2014
Groupe :
 Cathédrale XIVème - Le Mans
Territoire :
 Anjou-Maine

 

Rétrospective vidéo

Des difficultés surmontées

Tout au long de notre traversée, nous avons été confrontés à deux principales difficultés à savoir la barrière de la langue et peut-être (étonnamment !) les préjugés sur les européens. En effet, la langue  parce que l’enseignement de l’anglais n’est pas encore accessible à tous dans ce pays. Heureusement deux étudiants se sont proposés comme traducteurs à l’annonce de notre venue car la majorité de la population ne parlent que Tétun (le dialecte local). La seconde difficulté résidait dans les préjugés qu’ils avaient sur les européens. Pour eux,  « nous ne savions et ne pouvions travailler la terre et  venions, simples curieux, regarder les autres faire dans un voyage tout frais payé par l’État. » En effet, nous étions les premiers scouts européens à venir sur ces terres et nous avions du mal à leur faire comprendre la dynamique des compagnons : préparer, organiser, partir à l’aide d’un autofinancement. Ils pensaient avoir affaire soit à des ambassadeurs soit à des visiteurs certes entreprenants dans leur démarche mais pas à une véritable aide. Aussi nous a-t-on beaucoup ménagé au début de notre séjour : on ne nous laissait pas travailler dans les champs, on voulait difficilement nous laisser sortir explorer les environs et l’expression « take a rest » (faites une pause) est devenue vite une barrière à nos ambitions. Mais heureusement au vu de notre motivation et après quelques explications les membres de l’association ont vite changé d’opinion sur nous et c’est nous avons pu reprendre la bêche et découvrir le pays !

Être confronté à une autre culture, ce n'est pas forcément facile, partir dans un pays où aucune démarche n'a été faite au préalable n'est pas plus compliqué. Nos deux week-end de formation départ à l’étranger nous ont  permis de comprendre  les comportements de certaines personnes à notre vue. Les rares étrangers dans ce pays, c’était nous : blancs aux cheveux blonds et bouclés, difficile de nous faire discrets…

Une formidable expérience humaine

Aucun à priori, les gens venaient nous voir, étonnés de notre démarche, pour qu'on leur raconte, pour nous apprendre, pour échanger. Au Timor, la pauvreté est très importante : la majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour, mais ils sont d'une incroyable richesse humaine et sont prêts à offrir tout ce qu'ils ont à leurs invités. Cette spontanéité nous a fait réfléchir sur notre capacité à vivre déconnecté du mode de vie occidentale, la difficulté que nous avons à aller vers l’autre, la façon de mieux comprendre notre environnement social et rencontrer simplement ceux qui nous côtoient tous les jours.. L'eau courante était un luxe, tout comme l'électricité. Avoir accès à internet était très compliqué. Quand nous parvenions à y accéder, c'était pendant un cours instant pour transmettre l'essentiel et donner quelques signes de vie à nos parents. Il est très difficile d’exprimer  la richesse de ce que nous avons vécu... c'était une aventure exceptionnelle !

La formidable association avec laquelle nous travaillions, PERMATIL, nous a fait découvrir le Timor sous son angle le plus naturel : le contact direct dans des villages avec chefs et jeunes de notre âge, les rites de bienvenue, partager et chanter, rires aux éclats avec les danses traditionnelles et à nous de montrer comment nous nous déhanchions sur du rock.  Lors de ce voyage, les différences culturelles les plus marquantes ont été les croyances locales (l’animisme notamment), l’histoire révolutionnaire toujours omniprésente dans le pays et la nourriture !  Certes le pays est en grande majorité catholique mais dans quelques villages reculés dans les montagnes nous avons participé à des rites initiatiques.

Tant de monde que nous avons  rencontré, de moments partagés ! Le scoutisme est une communauté universelle, ouverte et prête à relever les défis les plus improbables ! Sans notre engagement au sein de ce mouvement, nous n'aurions jamais pu vivre une expérience aussi forte ! Merci ! Si des équipes cherchent un projet "Scouts du monde" à la hauteur de leurs rêves les plus fous, n'hésitez pas : ils vous attendent ! Retrouvez toutes les infos (récits, photos et vidéo, chants...) sur notre site internet.

Une anecdote

Nous sommes allés dans un village pour fabriquer un compost à côté d’une école. Pour « l'autorisation » de ce projet, nous avons effectué  un sacrifice aux esprits de la nature pour demander leur accord. Nous avons donc assisté au sacrifice  d’un poulet par étranglement puis à sa cuisson expresse au feu de bois dans la foulée suivi de son partage entre les différentes personnes présentes lors du rite (nous y compris). Nous avons donc du manger chacun un petit morceau pour respecter la tradition. Souvent les garçons et filles avaient un rite d’accueils différents dans chaque village.

Mathilde, Laure, Paul, Paul-Antoine et Antoine

Une promesse inoubliable
Au Vietnam avec les enfants du dragon…
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