Au Vietnam avec les enfants du dragon…

 De Jarny en Lorraine, nous sommes partis cette année au Vietnam. Pendant un mois nous avons aidé à construire des maisons et animé des activités pour des enfants. Ce fut un séjour inoubliable qui nous a transformés.  Chacun de nous est rentré chez lui avec une nouvelle force indescriptible.

Nous sommes une équipe de six compas. Nous nous sommes rencontrés dans la branche scoutes et guides et nous avons cheminé ensemble jusqu’aux compagnons. Marion nous a rejoint dès la composition de l’équipe, elle ne connaissait pas le scoutisme mais elle a su s’intégrer dès le début. Cet été, nous sommes allés à Ho Chi Minh City au Vietnam pour un projet.

Nous sommes partis tous les six le 8 août 2014, de Francfort. Direction Ho Chi Minh City, arrivés le 9 août à 20h30. Madame Linh, membre de l'association des enfants du dragon nous attendait devant l'aéroport pour nous conduire à notre hôtel. La circulation en ville était impressionnante, la moto est le principal moyen de locomotion, tout le monde klaxonne et se double par la droite, la gauche, certains vont à contresens. Le plus drôle pour nous était de voir des familles entières sur les motos ! Le dimanche 10  nous quittons Ho chi Minh à 6 h avec Marc, le vice-président de l'association. Direction le village de Gia Canh, Dịnh-Quán‎ - Đồng Nai. Pause petit-déj’ au restaurant: soupe de nouilles et thé glacé, bienvenu au Vietnam ! Nous arrivons vers 14 h au village où nous rencontrons les familles chez qui nous allons aider à construire deux maisons. La première famille est composée de 3 générations: les grands parents, les parents et les tantes, enfin les 8 enfants. La deuxième famille plus petite constituée des parents et deux ados Les habitants du village étaient des nomades que l’Etat a décidé de sédentariser. La majorité n'a pas été scolarisée, en revanche leurs enfants vont à l'école et apprennent l'anglais. Pour terminer la journée nous avons rencontré notre famille d'accueil qui devait nous héberger  tout au long de notre séjour. Pendant deux jours, nous  avons  découvert le village. Cela  nous a permis de nous adapter à la chaleur et à la nourriture avant de commencer le travail.

De nouvelles maisons en chantier

Début du chantier le mardi 12 août. Nous commençons par démolir les maisons en bois et préparer le terrain pour construire les fondations. Mettre à niveau la terre, creuser, apporter des pierres, c’était notre travail. Les jours suivants nous apportions aux ouvriers les briques et les seaux de ciment (ou « xi men » en Viet.) Il faisait environ 32° ou plus chaque jours et au moindre mouvement on suait… Les maisons se sont construites à une vitesse phénoménale, niveau plomberie et électricité c’est totalement différent de chez nous. Les câbles électriques passent au-dessus des portes ou à travers les fenêtres et le point d’eau se trouve à côté de la maison.

Sur le chantier il y avait une bonne ambiance, le chef de chantier était patient avec nous et curieux, on communiquait avec un guide de conversation. Sa femme qui aidait au bon déroulement de la construction faisait toujours les courses et nous rapportait parfois  des surprises emballées dans des feuilles de bananier ou du riz en sachet comme un yaourt à boire… Nous travaillons le matin de 8h à 11h puis on nous ramenait chez notre famille pour déjeuner et se reposer. Pendant les pauses on jouait avec les enfants à la gamelle ou au volley. Nous reprenions à 13h pour terminer le chantier à 16h.On nous ramenait à moto à chaque fois alors qu’on pouvait rentrer à pieds en 15 min mais au Vietnam marcher est signe de pauvreté et les familles tenaient tellement à nous ramener !

On pouvait enfin se détendre après une journée de travail, le père était à nos soins. Il nous achetait des glaces pour nous rafraichir et je peux dire que le ventilateur était notre grand ami ! A 18 h la nuit tombait et souvent il y avait de gros orages. On  dinait à cette heure-là : bol de riz à volonté et ses accompagnements de viandes et de légumes. La cuisine vietnamienne est fortement épicée à chaque repas on disait « aah ça CAY » (piquant en Viet)  sinon on mangeait à notre faim et c’était très bon ! Comme tout bon scout on faisait un conseil d’équipe le soir, pour relire notre journée et organiser quelques points. Parfois on jouait aux cartes avec le père et le fils de la famille, on a même fait des soirées karaoké. Le 27 août était notre dernier jour de chantier, les ouvriers devaient terminés sans nous. On était vraiment content du travail fait en quinze jours et les maisons étaient construites. Il ne restait plus que  les sols et les peintures. Nous avons donc enfilé nos chemises pour dire au revoir aux familles, aux ouvriers et offrir des petits cadeaux à chacun. Le soir, notre famille nous avait organisé une fête. A cet effet, nous avons préparé des crêpes aux chocolats et bananes pour le dessert. On a terminé par un karaoké, une belle soirée !

Pistes d'action

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Présentation de l'équipe

Compagnons :

Jérémie, Gauthier, Nathalie, Julie, Marion, Lisa

Équipe :
 2e temps - 2013/2014
Groupe :
 Saint-Martin, Conflans - Jarny
Territoire :
 Lorraine

 

Rétrospective vidéo

A la découverte du pays

Nous avons quitté le village le 28 pour Ho Chi Minh afin de finir le projet par notre partie touristique. La matinée, nous sommes allés à l’orphelinat de l’association pour faire de l’animation avec les enfants, leur donner les bracelets LOOMS que les louveteaux avaient  confectionné pour eux et aussi en confectionner avec eux. Puis dans la soirée, on a retrouvé Paul qui nous a invité au restaurant, on a pu manger des burgers avec des frites, pizza, spaghettis bolognaise, ça nous a fait du bien de retrouver la cuisine habituelle ! On est monté au Bitexco Financial Tower, la plus haute tour du Vietnam, il y avait une magnifique vue sur le centre-ville illuminé ! Le vendredi 29 était notre dernier jours à Ho Chi Minh, nous prenions l’avion le soir, alors nous avons visité  le district 1et le grand marché de Ben Thanh où  chacun a fait ses petits achats de souvenirs ! Nous nous sommes rendus aussi au palais de la réunification, à  la poste centrale, à  la cathédrale Duc Ba au musée de la guerre du Vietnam où ils exposaient des photos des victimes de l’agent orange.  Nous avons pris l’avion de retour à minuit.

Avec un peu de recul

Pendant notre séjour,  on n’a pas eu de difficulté à s’intégrer à la culture locale.  Cela d’une part grâce aux fiches outils vues pendant la formation qui nous ont servi pour nous intégrer  à la communauté et faciliter notre communication. Par exemple grâce à  la fiche "Être ambassadeur de son pays", nous avons ramené une carte du monde, des photos de nos familles. Ce qui nous a permis de communiquer d’une autre manière. Nous avons même chanté la Marseillaise à la soirée d’accueil. D’autre part, on avait fait des recherches pour savoir à quoi s’attendre. De plus un membre de l’association a pu nous donner beaucoup d’informations, pendant le trajet pour aller à notre lieu de vie/chantier, à propos des règles de vie et coutumes à respecter.  Aussi, on a été très observateur. Lors du premier  diner avec la famille, on a regardé comment le chef de famille procédait, on boit seulement à la fin du repas. Par contre, l’incompréhension parfois nous jouait des tours lors de nos travaux. La langue posait problème au début mais après on a trouvé des solutions pour communiquer. Comme solutions, Soit nous décidions de redemander des précisions soit nous observions autour de nous pour comprendre.

Néanmoins,  des différences culturelles  nous ont frappés. Les plus frappantes concernaient les repas. On mange avec les baguettes dans des bols et du riz à tous les repas. Le petit déjeuner est  très épicé (c’était dur au début du séjour). Les viets n’aiment pas marcher et surtout la marche est signe de pauvreté, la plus part des viets possèdent des motos. D’ailleurs la circulation sur les routes est impressionnante : les gros véhicules sont prioritaires, ceux qui klaxonnent en premier sont prioritaires, c’est assez dangereux. De plus avec une moto ils transportent tout  c’est-à-dire tant une famille de 5 personnes qu’un frigo sur le porte bagage. En somme la circulation est bruyante, c’est la loi du plus fort et du plus rapide ! (les feux de reculs de certain camion sont équipés d’une mélodie : la Lambada).Les femmes se couvrent le corps de la tête aux pieds pour garder une peau blanche, elles utilisent même des crèmes pour se blanchir la peau.

Et une personne nous a particulièrement marqué, il s’agit du  grand père de famille du village pour qui on construisait une maison. Ce grand père vivait avec sa femme, ses enfants mariés et il avait 8 petits enfants, ils étaient 13 dans cette petite maison. Ce grand père avait une maladie  limitait ses déplacements. Le moment qui restera gravé en nous c’est lorsque l’on portait des pierres très lourdes pour les fondations de la maison, le grand père ne nous regardait pas dans son hamac, il était avec nous en train de porter ces pierres.  Ce qu’on a appris des vietnamiens c’est que certains peuvent paraître faibles en vue de leur état de santé mais ils n’abandonnent pas et trouvent la force de réaliser ce qu’ils ont envie de faire.. Nous avons également  été surpris L’après-midi que nous avons passé à l’orphelinat car nous pensions arrivés pour apprendre aux enfants à confectionner des bracelets Looms mais la plupart savaient déjà en confectionner. On s’est beaucoup amusé ce jour-là ! On a aussi cuisiné pour notre famille, on a fait des crêpes, eux qui n’ont pas l’habitude de manger un dessert sucré ils ont apprécié.

Cet expériment a développé l’esprit d’entraide au sein de notre équipe et de communication. C’est en vivant des expériences comme celle-ci qu’on se rend compte de la différence des cultures. On se remet en question : est-ce que la manière dont nous vivons chez nous est bonne, comment ferait-on si l’on n’avait pas de confort matériel ?  Après cette expérience, on est conscient des différents problèmes mondiaux, et de ce qui nous entoure. Nous pouvons défendre des causes et participer à des actions pour combattre les injustices.

Depuis notre retour on cherche des créneaux pour partager notre expérience autour de nous. On a fait une vidéo de 30 min disponible sur internet que l’on a présenté lors d’une soirée pour témoigner de notre projet aux familles et amis. On reste en contact avec notre partenaire et on a effectué un dernier don en janvier pour la construction d’un orphelinat. Quatre d’entre nous ont décidé de poursuivre le scoutisme en étant chef.

Une anecdote

C’était un soir, on était tous fatigué, les garçons se sont couchés plus tôt et nous les filles étions restés discuté avec notre famille. On disait qu’on aimait bien les chaussettes spéciales tong que les femmes portaient au Vietnam. On n’en avait jamais vu avant, donc on leur avait montré nos chaussettes inadaptées pour rentrer dans les tongs. Nous étions allés nous coucher après cette conversation.

30 minutes plus tard la mère de famille était venue nous voir dans notre chambre avec des paquets de chaussettes tong qu’elle venait de nous acheter. On a un peu halluciné vu l’heure, on les a essayé, c’était trop cool de les porter ! On pensait se coucher juste après cette surprise mais non, elle nous avait aussi ramené une espèce de brioche vietnamienne alléchante à première vue. Une fois croqué on a tous fait une tête bizarre.  Bien sûr les garçons dormaient paisiblement, la mère m’a demandé de les réveiller pour partager ces brioches. Les connaissant je savais qu’ils allaient râler mais on est une équipe et  on partage tout ! Je suis allée de ce pas dans leur chambre, j’ai soulevé la moustiquaire et j’ai réveillé Gauthier en disant de venir manger les bonnes brioches. Gauthier m’a répondu : quoi tu rigoles je sens ton halène putride, c’est quoi cette brioche ? J’avoue que ça a dû être désagréable pour eux de se faire réveiller par une odeur d’ail et de viande chaude. Ils sont venus malgré tout, et on en a bien rit !

Jérémie, Gauthier, Nathalie, Julie, Marion, Lisa.

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