Restaurer un écosystème avec les rovers Boliviens

En Août 2009, lors de notre premier camp ensemble, avec Coline, Olivier et Alexandre, nous avons réfléchi à quelques idées de projets qui pourraient former notre expériment long. Nous sommes partis de la question : “Quels sont nos rêves?”. À partir de là, nous avons discerné trois grandes idées, trois conditions: un projet dans lequel nous utiliserions nos mains pour bâtir, un projet en lien avec les problématiques environnementales qui font face à notre monde et un projet soulignant l’importance de rencontrer les habitants. En jetant un coup d’œil aux propositions faites par l’équipe nationale grâce aux partenariats internationaux existants, nous avons découvert le projet “El Campo Escuela” se situant à Arani, à côté de Cochabamba, en Bolivie. Ce projet de plantation et d’entretien d’arbres dans le lieu de camp national des Scouts de Bolivia (deux premières conditions remplies) comprenait aussi des activités avec les Rovers et les habitants locaux (troisième condition atteinte).

L’idée conductrice était de restaurer à long-terme un écosystème disparu il y a longtemps à cause de l’importation d’Eucalyptus et de la pollution. Nous savions que ce projet existait déjà depuis trois ans et pouvait encore bien durer 5 années supplémentaires, mais nous n’étions pas là pour changer le monde du jour au lendemain. Nous voulions simplement nous joindre à ce projet avec notre énergie, notre esprit d’initiative, avec notre esprit scout et cette folie constructive que les jeunes ont. Nous souhaitions vivre un échange et pas uniquement une relation d’aide fonctionnant en un seul sens.

Enfin, Cochabamba a accueilli les Rencontres Internationales de la Communauté œcuménique Française de Taizé en 2007. Coline, Olivier, Alexandre et moi aimons tous l’esprit de simplicité, de rencontre interculturelle et de confiance qui existe à Taizé. Nous souhaitions organiser, au cours de notre expériment long une prière de Taizé et rassembler ainsi un maximum de jeunes. Ainsi, notre projet a embrassé trois dimensions: une dimension matérielle (construction, plantation); une dimension sociale (rencontres) et une dimension spirituelle (Taizé).

Ce projet allait parfaitement avec nos disponibilités car nous étions alors tous étudiants dans des villes différentes. Connaissant déjà d’une certaine manière notre partenaire, les scouts de Bolivie, nous les savions habitués à accueillir des scouts étrangers et le projet Arani étant déjà bien lancé, nous ne partions pas de zéro. Notre part du travail consistait principalement à réunir les fonds, à parfaire notre planning, à organiser la prière de Taizé ainsi que la partie découverte du projet (un quart de l’ensemble: la dernière semaine). Finalement, nous avons réussi grâce à différentes subventions et des extra-jobs à trouver 8.500 €. Cette année de préparation a réellement été enrichissante. Aujourd’hui, nous nous sentons capables de monter toutes sortes de projets.

Le 30 juillet 2010, un an après avoir pris la décision de partir en Bolivie, nous partions pour un voyage de 23 heures. La Paz, l’aéroport d’El Alto: 4.700 mètres d’altitude… Déjà un grand chamboulement! La semaine à Arani, le week-end à Cochabamba… Tel fut notre rythme pendant trois semaines.

La première semaine, nous avons découvert Arani et avons aidé à l’entretien des jeunes pousses du campo. Nous avons été émerveillés par la qualité de l’accueil des Rovers. Les Boliviens ont de belles leçons à nous enseigner en matière d’accueil ! Nous nous sommes rendus avec eux dans un des plus pauvres quartiers de Cochabamba… Dans un tel endroit, il est toujours surprenant de constater la simplicité de vie des habitants et leur manie de compenser leur pauvreté matérielle par une impressionnante richesse humaine. En Bolivie, je n’ai pas vu la misère. Cependant, il serait extrêmement difficile de compter le nombre de sourires que j’ai admirés.

Pendant notre seconde semaine à Arani, nous avons continué à arroser les arbres et nous avons commencé la construction d’un four à pains. Je me rappelle travaillant avec un employé du campo ne parlant pas espagnol mais quechua. Nous parlions uniquement avec des signes. Cette relation était extrêmement simple mais nous nous comprenions parfaitement.

Lors de notre troisième et dernière semaine à Arani, nous avons terminé notre four. Le vendredi nous sommes retournés sur Cocha pour vivre une chouette prière de Taizé avec une centaine de jeunes. Nous avons dit au revoir à tous nos amis et sommes allés visiter à Uyuni le plus bel endroit sur Terre: les Salars. Quelques jours après, nous nous sommes rendus à Copacabana sur les rives du lac Titicaca. Notre aventure Bolivienne s’est achevée avec deux jours à La Paz, le temps de visiter cette grande ville avec quelques Rovers rencontrés sur place. J’étais alors capable de dire tout ce que je voulais en espagnol au prix de quelques grimaces de nos amis linguistes.

Le 30 août, nous étions de retour en France. Le 2 septembre, j’étais à l’université. Quel merveilleux et intense été!

Un local pour les scouts haïtiens
Les Engativés chez Guy Gilbert, le prêtre des loubards.
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