rencontre avec les amérindiens, au plus proche de la nature

Nous sommes les Compas'peur, une équipe de trois filles qui n'ont pas froid aux yeux ! En juillet 2015 nous sommes partis à la rencontre des amérindiens des forêts du canada. Nous voulions en apprendre plus sur leur situation, leur histoire et surtout leur rapport à la nature, aux antipodes du rapport occidental.

En savoir plus sur l’histoire des communautés

Avant nous, notre accompagnatrice compagnon s’était rendue au Canada et avait eu l’occasion de rencontrer la communauté Innue grâce à l’association Espace Art et Nature. C’est elle qui nous a donné envie à toutes les trois de découvrir ce pays et d’en savoir un peu plus sur les communautés autochtones nord-américaines.

Pour la première partie de notre séjour nous avons voulu en savoir plus sur ces différentes communautés. Nous nous sommes rendues à Montréal et Québec où nous avons visité des musées pour apprendre l’histoire du Canada et les différentes cultures des peuples premiers. En parallèle, nous avons rencontré plusieurs associations qui collaborent et agissent en faveur des amérindiens. Le Centre d’Amitié Autochtone à Montréal par exemple accueille et aide les personnes en difficulté, leur permet de manger, de prendre une douche mais aussi de se soigner si besoin. À cette occasion nous avons rencontré un membre de la communauté Cri qui nous a parlé de sa vie et de son enfance dans sa réserve ainsi que des rapports entretenus avec le gouvernement canadien.

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La situation des communautés indiennes au Canada est très compliquée. Ils sont reconnus comme « pupilles de la nation » ce qui leur garantit une certaine sécurité et protection de la part de l’état. À ce titre, ils reçoivent des aides financières. Cependant, il subsiste un problème d’incompréhension, voire de racisme entre les indiens et les autres habitants du Canada. Les indiens sont en marge et le système est fait pour qu’ils le restent. Par exemple, ils sont exempts d’impôt s’ils restent travailler dans leur communauté. Les amérindiens qui vivent en ville sont souvent chômeurs et sans-abris et le taux d’agression envers les femmes indiennes ainsi que le taux de suicide dans les communautés sont très importants.

Pistes d'action

Brevet scouts du mondepiste d'action solidaritéEnvironnement piste d'action

 

Présentation de l'équipe

Compagnons :

Pia, Camille et Célia

Équipe :
 2e temps - 2014/2015
Groupe :
 Le Creusot
Territoire :
Bourgogne Sud

 

En immersion au coeur de la nature

Nous nous sommes ensuite rendues chez notre partenaire, l’association Espace Art et Nature. Cette association, à l’initiative d’artistes, d’animateurs et d’aventuriers, travaille avec des partenaires amérindiens et québécois. Leurs projets sont tournés vers la rencontre et l’ouverture d’esprit par le biais de l’art, de la culture, de la beauté naturelle et de la découverte. Après nous avoir fait découvrir leur histoire, Jean-Noël a tenu à nous emmener dans son camp en pleine nature, au bord du lac Nadeau. Nous étions les seuls à y vivre et nous avons cohabité pendant trois jours avec les maringouins et d’autres animaux comme le wawaron (une grenouille-bœuf) ou les cerfs de Virginie. Trois jours d’escapade au cœur de la nature à se baigner, faire des excursions en canot et visiter la forêt.

Ces trois jours ont été un véritable temps fort de notre aventure. Marquées par l’immensité et la beauté des paysages, nous avons pris conscience du fait que nous sommes tout petits face à la nature. Le calme de ce lieu nous a apporté une sérénité qu’il est impossible d’avoir au quotidien.

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partager la vie des indiens, au fil des rencontres

temoignage-canada-2015-lecreusot-11Mais le moment le plus important du séjour restait encore à venir. Nous étions fin prêtes à rencontrer les amérindiens et à partager leur vie. Nous avons remonté le Saint-Laurent en direction de Pessamit, une communauté Innue de 2800 personnes où nous avons passé 15 jours en immersion.

Nous avons été accueillies par la famille de Léopold et nous avons partagé son quotidien. Durant notre séjour nous avons eu l’occasion de visiter différents lieux de vie : l’école de la communauté, le conseil de Bande de Pessamit (bureau politique des Innus s’occupant de la gestion du territoire de la communauté), le centre Ka Mamuitunanut (lieu de rencontre et de spectacle), les service de police et les pompier, la rivière Papinachoix et les îlets Jérémie (petit village en marge de la réserve, un lieu dédié à la méditation, à la spiritualité où les croyants y vivent « à l’ancienne » c’est-à-dire sous tentes.)

temoignage-canada-2015-lecreusot-20Nous avons rencontré Grégoire, un « homme médecine ». Il nous a d'abord appris que bailler, pleurer ou rire était l’une de sept façons de guérir et qu'il ne fallait jamais chercher à aller à l'encontre de ça. Il nous a aussi expliqué le rapport que les innus entretiennent avec la terre et la nature. Selon eux, la terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la terre. Il n’y a donc aucun rapport de possession. Pour les innus la terre-mère était là avant nous et continue à nous fournir de quoi vivre. Elle les accompagne dans leur développement personnel et dans leur spiritualité. Pas question donc de la détruire d’une façon ou d’une autre.

Avec Paul-Emile Dominique nous avons échangé sur la colonisation du Québec par Champlain. Il nous a fait part du problème actuel de la perte du dialecte innu. Les enfants parlent français à l’école et ne se forcent pas à parler innu en famille. Il y a donc une perte importante de l’identité innu par cette disparition. Même si le devoir de mémoire est important dans la communauté, c’est difficile de conserver une culture lorsque l’on perd petit à petit la maîtrise de sa langue.

temoignage-canada-2015-lecreusot-03Nous avons aussi rencontré une institutrice qui nous a parlé des caractéristiques de cette langue Innu. Elle possède 11 lettres et elle est compliquée puisqu’elle différencie les choses animées des choses inanimées dans l’accord des mots. Les mots innus sont descriptifs, ils partent de ce que la personne voit et on rajoute de quoi le transformer en verbe, en adjectif… La langue permet donc aussi de montrer que les innus ont une perception différente de la notre de leur environnement.

Après quinze jours, leur dire au-revoir a été très difficile pour nous… En repartant, nous avons rencontré brièvement une deuxième communauté innue à Essipit puis nous sommes allés à Wendake pour rencontrer la communauté indienne huronne-wendate. Elle est l’une des communautés amérindiennes des plus dynamiques culturellement et abrite de nombreuses entreprises florissantes. Elle est différente des autres car elle a établi dès la colonisation un lien commercial avec les étrangers et elle vit aujourd’hui du tourisme.

retour en France et témoignage à la CoY11

En revenant nous pouvons dire que les valeurs que nous ont transmises les innus nous ont fait le plus grand bien. On a appris à relativiser les problèmes que l’on pouvait rencontrer. La famille de Léopold a su partager avec nous très simplement son mode de vie et sa spiritualité. En revenant en France, nous avons chacune remis en question notre façon de penser et de vivre. Ce voyage nous as appris beaucoup sur nous-même à travers les autres. Nous en sommes sorties plus grandies. Ce qui nous a le plus frappé c’est la place du collectif dans cette communauté et l’importance du partage et de l’entraide.    

12308742_1065998480086537_2962071595029294214_nQuelques mois après notre retour nous avons été contactées pour présenter notre projet à la COY11, la conférence des jeunes sur le climat, juste avant la COP21. Nous nous sommes donc rendues à Paris pour présenter notre expérience.

On était très fières d’être là mais aussi très stressées. On a préparé notre intervention de très près : diaporama, répartition de la parole, etc. Un quart d’heure avant on a invité les gens présents dans le rassemblement à venir en allant à leur rencontre. Ça a très bien marché car notre petite salle était pleine !

On a partagé avec les visiteurs notre expérience avec les amérindiens et surtout le rapport des peuples autochtones avec la nature et son évolution qui a été bousculé par l’arrivée des européens. Nous avons répondu aux différentes questions avant de rendre le micro et de faire un tour de la COY11 pour assister aux différents discours et conférences. Ce fut une longue journée chargée en émotions et découvertes, et le retour dans nos lits douillets a été un grand soulagement !

Célia pour l'équipe des Compas'peur

 

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