Vacances avec des enfants d’arménie

Les comp’potes c’est nous, sept compagnons du groupe de Houilles. Cet été nous sommes partis en Arménie pour animer des activités auprès d'enfants qui ne partent pas en vacances. Au programme du centre de l’association KASA : des activités à foison, des échanges interculturels et un peu trop de soleil !

Thaïlande ou arménie ?

Il faut savoir que l’Arménie n’était pas notre choix initial pour notre expériment long. Nous avons passé l’année entière à organiser notre projet en Thaïlande mais nos deux partenaires potentiels nous ont lâchés chacun leur tour. En mai, nous nous sommes retrouvés sans projet et avec seulement quelques pistes de secours. Finalement, après un vote et quelques concessions dues au budget nous avons opté pour un projet en partenariat avec l’association suisso-arménienne Kasa. Cette association permet aux enfants et aux adolescents qui ne peuvent pas partir en vacances de ne pas rester les bras croisés pendant deux mois. Elle se trouve à Gyumri, la deuxième ville du pays. Nous avons donc pris contact avec la directrice du centre, acheté nos billets et préparé un nombre important d’activités scoutes comme non-scoutes pour les 35 jeunes qui nous attendaient avec impatience.

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Nous n’avons pas été déçus, les enfants avaient déjà connus une équipe de compagnons l’année précédente et nous ont accueillis très chaleureusement. L’équipe du centre de KASA - Gyumri nous a aussi bien reçus : elle se composait exclusivement de femmes, toutes adorables, qui nous ont beaucoup appris sur leur pays. Anna qui nous a pris en charge dès notre arrivée parlait par chance un français impeccable ! Pour le reste nous parlions anglais et les quelques mots d’arménien qu’on a mis un mois à apprendre et à prononcer correctement. Ils ont leur propre alphabet que je trouve très joli et que je rêve d’apprendre. « Bonjour » en arménien s’écrit : « բարեւ Ձեզ »

Nous avons passé trois semaines à Gyumri dans le centre de KASA, avant d’aller passer trois jours à Byurakan avec les scouts arméniens à rendre service pour la préparation d’un jamboree national. En passant, nous avons pris trois jours pour visiter la capitale Yerevan et ses alentours.

Pistes d'action

Brevet scouts du mondepiste d'action enfance et éducationpiste d'action solidarité

 

Présentation de l'équipe

Les compagnons :

Emma, Juliette, Emilien, Valentin, Florent, Paul et Camille

Équipe :
 2e temps - 2014/2015
Groupe :
 Houilles - Schoelcher
Territoire :
 Vallée de la Seine

Trois semaines animées à l'association kasa

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Passer trois semaines en compagnie des enfants du centre a été un réel plaisir. Ils ont été fantastiques ! Le moindre petit jeu et la moindre chanson leur plaisait malgré la barrière de la langue. Par contre nous avons eu beaucoup de mal à retenir tous leurs prénoms, un peu trop atypiques pour notre doux alphabet latin. Gurgen, Arusik, Hasmik, Karlen, Ovsanna, Kalipse et bien d’autres…

Nous nous sommes pliés en quatre pour leur faire plaisir. Entre autre, nous avons organisé des olympiades dignes des meilleurs camps scouts, une journée casino, un jeu de l’oie géant et des tonnes d’autres activités que notre expérience scoute nous a enseignées. Tous les jours, une fois les enfants partis, nous préparions les activités du lendemain d’arrache-pied. Nous avons même appris à faire de l’origami et c’est devenu le hobby de l’équipe ! Partant de presque rien nous sommes désormais capable de multiplier d’un tour de main des grenouilles qui sautent, des cygnes et des œufs en 3D et pleins d’animaux en tout genre pour le plus grand bonheur des jeunes.

Après ces trois semaines intenses, ça a été très dur de les quitter, comme c’est souvent le cas quand on fait des rencontres comme celles-ci. Et puis, plus le camp est réussi, plus les au revoir sont déchirants. Ces trois semaines au centre KASA ont été vraiment enrichissants. ces jeunes, nous ont donné de quoi réfléchir sur le sens à donner au deuxième temps compagnon. Nous sommes revenus en ayant la sensation d’avoir certes donné de nous mais surtout d’avoir reçu énormément plus de leur part.

J’veux (plus) du soleil !

La deuxième partie de notre camp a été plutôt fastidieuse. La température avoisinait les quarante degrés et les trois jours de visite en plein soleil ont été durs à supporter. Nous avons dû renoncer au mémorial de génocide arménien après avoir appris qu’il fallait marcher une demi-heure au soleil sous 45°c...

Préparer le jamboree national à Byurakan était tout aussi épuisant puisque le soleil et la chaleur étaient toujours aussi présents. Nous avons appris à cette occasion que le scoutisme en Arménie était vraiment très différent du nôtre. Là-bas il est plus strict et il répond à des valeurs que nous pourrions qualifier de très vieille école. Nous avons eu l’occasion de rencontrer énormément d’étrangers car le rassemblement était ouvert à tous et gratuit. Le séjour et même les déplacements étaient payés par le gouvernement, sur un terrain financé par le président lui-même ! Les avis des arméniens étaient mitigés : malgré le fait qu’ils appréciaient de pouvoir organiser gratuitement le rassemblement, ils nous ont expliqué que le gouvernement corrompu voulait se donner une bonne image. Malheureusement, les dates du jamboree ont été déplacées donc nous n’avons pas pu participer à l’évènement en lui-même, seulement à sa préparation.

à la découverte de l’arménie

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Tout au long du séjour nous avons eu l’occasion de visiter le pays et de nous approprier sa culture et son histoire riche. Louis XIV et Napoléon peuvent aller se ranger, l’Arménie a plusieurs millénaires d’histoire derrière elle durant lesquelles elle s’est longtemps battue pour conserver son identité nationale. Elle a fait face aux envahisseurs perses, mongols, russes, turcs et ottomans, ce qui rend son patrimoine culturel très riche. Plus récemment le pays a fait face au triste génocide arménien, a vécu sous le régime soviétique pendant plus de quarante ans et a été touché par un séisme qui a fait trembler le pays entier ! On comprend bien pourquoi la fierté nationale arménienne est très forte !

En arrivant on a vite compris que les arméniens portaient la France en très haute estime. Pour la petite anecdote, nous avons été les invités d’honneur de l’inauguration d’une plateforme franco-arménienne. Quand je dis « honneur » c’est le mot juste puisque nous avons été accueillis comme des princes et nous étions au premier rang pendant que les musiciens jouaient de l’Aznavour et récitaient des poèmes en français.

Choc des cultures

temoignage-armenie-2015-comppote08L’Arménie est encore très conservatrice en ce qui concerne l’égalité hommes-femmes. La température avoisinait en moyenne les 35 degrés et filles comme garçons nous nous promenions comme nous pourrions le faire en camp, en short… d’autant que nous ne pouvions pas mettre notre chemise et notre foulard sur place car les arméniens nourrissent une certaine haine des uniformes et chez eux ils signifient vite l’appartenance à une secte.  Dès le deuxième jour, nous sommes allées faire des courses et nous avons senti le malaise face à notre tenue. A Gyumri, une fille qui est en short n’est pas une fille fréquentable, une fille qui fume non plus… Les garçons sont beaucoup plus libres de leurs faits et gestes et les femmes ont un devoir envers leur mari qui se rapproche de l’idéal de la femme au foyer des années 50 en France.

Mis à part cet écart difficile à passer, l’Arménie est un pays riche de traditions passionnantes et les arméniens sont accueillants et curieux des autres, ce qui a rendu le contact facile. Nous avons surtout fréquenté des filles de notre âge plutôt que des garçons car le service militaire est obligatoire de 18 à 20 ans. Nous avons partagé le quotidien de Rima, Ata, Ovsanna et Astghik avec qui nous avons bien visité les alentours de Gyumri. Nous avons même pu escalader la montagne Aragat, voisine du mont Ararat ou Noé aurait atterri avec son arche après le déluge !

 difficile de repartir

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La fin de notre voyage a été la fin d’un mois très bouleversant à tous points de vues. La fin d’un mois de rencontres, de joie, de rire et de chaleur (à la fois humaine et solaire !). C’est très difficile de mettre des mots sur une telle expérience. Même en racontant en détail notre expériment à notre entourage, nous ne pourrons jamais décrire véritablement l’expérience que nous avons vécue là-bas. Allez en Arménie, c’est un pays qui ne cessera de vous surprendre. Malheureusement c’est aussi un pays trop peu connu des 2e temps compagnons alors qu’il a besoin de jeunes comme nous ! À KASA en tout cas, soyez sûrs que les jeunes n’attendent que vous pour les faire rêver.

 

 

Camille pour l'équipe des Comp'potes

 

Les compas font leur numéro au Sénégal
Dans l'FC1 de Nantes ♫ ♪ ♬
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