De l’ombre à la lumière aux Philippines

Six compagnons rennais sont partis à la découverte des Philippines pour leur expériment long. Un voyage en partenariat avec l’ONG Liter of Light afin d’apporter des sources de lumière à ceux qui sont dans le besoin. Edouard et Laëtitia racontent.

Nous sommes une équipe de six compas : Martin, Samuel, Edouard, Laëtitia, Mairead et Caroline. En partant aux Philippines, nous avions pour objectif d’aider à améliorer les conditions de vie des philippins en animant et organisant des formations à destination des habitants. L'enjeu était d'apprendre à fabriquer et installer des lampes solaires créées par l'association à partir de bouteilles en plastique. 

Offrir un meilleur cadre de vie…

A vrai dire, nous voulions absolument trouver un partenariat avec une ONG cherchant à résoudre des problèmes environnementaux. Nous nous sentions vraiment concernés par le énergies renouvelables. Suite à la participation de Liter of Light à la COP21, nous avons pris contact avec Illac Diaz, le fondateur de l’association. En effet, il faut savoir que plus d’un milliard trois cent millions de personnes vivent sans accès à l’électricité à travers le monde. C’est pourquoi lorsque Diaz lançait un programme de construction de structures novatrices durables, il s’est rendu compte qu’il n’était pas en mesure d’éclairer ces bâtiments souvent trop éloignés des réseaux électriques. Il lui fallait donc trouver une solution, défi qu’il a relevé en fondant Liter of Light.

« Nous sommes convaincus que la meilleure façon de lutter contre la pauvreté énergétique dans le monde est d’en donner les moyens aux communautés concernées grâce à des solutions innovantes et durables. » Diaz

C’est là que nous sommes entrés en jeu en partant à 10.000 kms de chez nous pour apprendre et transmettre notre savoir-faire à travers un système très simple, qui éclaire les zones dépourvues d'électricité dans les contrées des Philippines. Après un an de préparation, nous sommes arrivés tous les six à Manille pour y passer un mois. Manille est la capitale des Philippines, elle est située sur la rive orientale de la baie du même nom, du côté ouest de l’île de Luçon. C’est l’un des seuls pays à dominante catholique en Asie et certainement le plus occidentalisé. Il s’agit en même temps d’un pays très métissé où différentes cultures cohabitent. Nous avons loué une chambre entière dans une auberge dortoir à Makati (un quartier de Manille) appelée The Jeepney House. Chaque jour, nous avons mené différentes actions telles que l’animation, donner des cours, distribuer de la nourriture notamment à Tondo dans le plus grand bidonville de Manille. Nous sommes également intervenus dans des villages perdus au milieu de nulle part ainsi que dans des zones où de nombreux migrants viennent s’installer.

 

 Pistes d'action

Brevet scouts du mondepiste d'action solidarité

 Présentation de l'équipe

Compagnons : (contacter l'équipe)

Martin, Samuel, Edouard, Lëatitia, Mairead et Caroline.

Équipe :
 2e temps - 2015/2016
Groupe :
 Rennes Ouest
Territoire :
 Haute Bretagne
 Le court métrage

De la récupération…

Pour alimenter les populations en électricité, le concept repose sur la volonté de « faire de la récupération avec ce que nous avons ». Par exemple, dans les bidonvilles, tuyaux et bouteilles en plastique seront utilisés, une ampoule Led sera ensuite reliée au panneau solaire. Par contre, il ne suffit pas d’installer le tout il faut aussi apprendre aux habitants à les faire eux-mêmes pour qu'ils puissent ensuite les réparer, voire en construire d'autres. En outre, si le développement est le maître mot de l’action menée, c’est un bien car c'est un objectif de développement et non pas un projet humanitaire. A mesure que nous avons traversé le pays pour éclairer un maximum de bidonvilles, de villages et de camps de réfugiés, nous nous sommes forgés de nombreux souvenirs. Les rencontres, les sourires, c'est fou. On ne parle pas la même langue mais beaucoup de choses passent par le regard, les gestes, les expressions. C'est vraiment une expérience incroyable.

 

Partager le quotidien des Philippins, au fil des rencontres…

Au fil des rencontres, nous avons appris à voir les choses différemment. Malgré quelques problèmes de compréhension au départ et même si nous avons dû forcer quelques portes, nous avons eu la chance de bénéficier de l’aide chaleureuse des compas philippins. Par ailleurs, on compte 2,4 millions de scouts aux Philippines. La manière dont est perçu le scoutisme est très éloignée de la nôtre. En effet, 80% des jeunes philippins ont été scouts puisque c’est une option à l’école. La conception du temps n’est pas du tout la même aux Philippines, la plupart des personnes ont plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu notamment à cause des embouteillages.

Nous ne savions pas vraiment dans quoi nous nous engagions et nous avons dû essuyer quelques problèmes d’intégration dû au manque de compréhension de l’association qui avait un niveau de vie très au dessus du philippin moyen. Parfois, nous nous sommes sentis laissés pour compte et incompris. Nous voulions aider les populations au maximum mais la mousson ne nous a pas permis d’accomplir tout ce que nous voulions. L’association ne nous avait pas mis en garde concernant ce problème climatique. Nous avons dû changer nos plans à la dernière minute et réaliser différentes activités administratives. Pour autant, nous comprenions qu’il s’agissait du premier partenariat de l’association avec les scouts. 

Au final, nous avons eu une semaine pour partir à la découverte des îles et faire des excursions. Nous avons eu l’opportunité de découvrir le Lac Taal qui est un lac cratère et le Hundred Islands National Park. Le temps était au beau fixe, nous avons même pu faire de la pirogue et de la tyrolienne.

 

Retour sur notre expériment…

Cet expériment a su définitivement rapprocher tous les membres de l’équipe. Nous sommes une bande d’amis et c’est un réel bonheur d’avoir pu aller jusqu’au bout, c’est également une fierté d’avoir réussi et de pouvoir en témoigner. En effet, cet expériment était un évènement unique dans notre vie, nous en garderons des souvenirs impérissables car cela a changé beaucoup de choses dans notre conception de la vie. Grâce à cette expérience, nous avons mûri et nous nous sommes découvert des capacités incroyables. Les points positifs ont été très nombreux tels que les rencontres, tous les moments où l’on prenait le temps d’observer notre lieu de vie tellement différent du nôtre.

Être citoyen du monde, c’est être conscient de ce qui se passe ailleurs, de la diversité et de tous ces enjeux, être acteur pour faire changer les situations. C’est à nous de prendre le relais, de s’engager auprès de mouvements, le faire savoir et de pouvoir en témoigner.

Pour conclure, nous sommes heureux de vous présenter le film que nous avons réalisé au cours de notre expériment afin de montrer ce que nous avons vécu là-bas à toutes les personnes qui nous ont soutenues et financées. Rendez-vous le samedi 21 janvier 2017 à l'Institut Catholique de Rennes où aura lieu notre témoignage.

 

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