quand l’expression prend tout son sens

 
Le droit pour chacun d’exprimer son opinion, d’être écouté, de confronter ses idées, cela peut sembler aller de soi pour les compagnons. Pourtant, chacun prend-il vraiment la parole, et est-ce que tout le monde s’écoute en équipe ? Comment faciliter et valoriser ce mode de communication et de décision démocratiques ?
 
OBJECTIF ÉDUCATIF
Exprimer et justifier ses convictions et opinions, s’affirmer sans imposer.

De retour de l’AG, Florine, compagnon élue représentante de son groupe, ne cache pas son enthousiasme: «C’est génial. On prend part aux décisions et on est écouté!» Cette expérience démocratique, à l’âge où l’on vote souvent pour la première fois, permet de mesurer que son opinion, pour autant qu’elle soit argumentée, peut être entendue et suivie de décisions bien plus larges. Choisir un expériment ou décider du prochain weekend en équipe revient parfois, pour certaines équipes compagnons, à des débats sans fin. École de la vie, ces expériences sont l’occasion d’apprendre à argumenter, à convaincre, à faire entendre sa voix. Si pour certains cet art semble être une seconde nature, pour d’autres le défi semble trop difficile à relever. Et ils préféreront laisser les autres décider, quitte à ronger leur frein. Être accompagnateur compagnon, c’est jouer le rôle de facilitateur et de régulateur. Deux conditions pour que chacun ait droit à la parole, dans le respect mutuel. Le débat, voire l’affrontement d’idées, parfois véhément à cet âge, peut faire craindre que l’équipe éclate. Pour autant, batailler, palabrer en équipe, fait avancer. Cela permet de se connaître et aussi de faire équipe. À condition d’accepter et de suivre certaines règles. Respecter l’autre, et dans ses idées, et comme personne. Se mettre aussi en position d’écoute. Partir du principe que l’autre, comme soi, est de bonne foi. Se dire que son idée est tout aussi louable que la sienne, même si on n’est pas d’accord avec elle.

Enfin, se rappeler que chacun a le droit de donner son avis sur le sujet. Le plus réservé aussi a le droit de dire ce qu’il pense. Il faudra peut-être créer pour lui les conditions de son expression et l’aider à dépasser cette opinion préconçue, qui peut l’inhiber, selon laquelle tout ce que dit celui qui parle vite, fort et avec assurance, est formidable. À l’inverse, ce que me dit la personne en face, même si c’est différent de ce que je pense, a tout autant de valeur que ce que je défends. Échanger sur des idées, des convictions, permet de nourrir une relation « plus-plus ». Si l’on se positionne ainsi dans un débat, la personne en face le ressentira, et l’échange en sera facilité et... enrichi, quand chacun découvrira qu’il a bougé dans son opinion et exploré des idées qu’il n’imaginait pas. Être régulateur dans les échanges en équipe, c’est être capable de siffler la mi temps, lorsque les esprits s’échauffent et que l’écoute et le respect de l’autre ne sont plus là.

La proposition Compagnons foisonne de lieux pour prendre la parole, exprimer son opinion à différents niveaux. Représenter son territoire à l’Agora, à l’assemblée générale, sont autant d’opportunités pour aller plus loin, et offrir à sa parole un nouvel écho. Être le porte-parole de son groupe en étant élu représentant à l’AG permet d’allier la légitimité de se sentir investi d’une mission à l’expérience de la confrontation de son opinion avec d’autres.

Christian Courties

Délégué national Adultes dans le Scoutisme et Formation

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N°34 - Septembre 2013

Guillemet-Azimut

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Les compas ont du mal à parler en profondeur. Comment les aider à parler vrai ?

 

Que l’équipe se connaisse depuis toujours ou depuis deux mois, pour progresser, il est possible de s’appuyer sur le Yabboq. Outil de relecture de la branche Compagnons, le Yabboq se vit en équipe en cinq étapes distinctes pour faire en sorte que chacun s’exprime réellement. Elles permettent à chacun de s’écouter individuellement, d’échanger en binôme puis de partager en équipe. Vécu après un expériment il permet de sentir vibrer le coeur de l’équipe, et assure à chacun une parole libre, une oreille attentive et crée une relation de confiance vraie dans l’équipe. Il est préférable que le premier Yabboq soit accompagné par un adulte extérieur : accompagnateur compagnon, aumônier, accompagnateur pédagogique… avant d’être pleinement pris en main par l’équipe.

yabboq

Pour accompagner ta relecture, tu peux retrouver le Yabboq ici

 

Compas ? Franchir le pas !
Stop, ce n'est plus du jeu !
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