Les expériments d’année

L’expériment de solidarité internationale est souvent vu comme une finalité dans la proposition de la branche Compagnons. Mais ce n’est qu’une étape parmi d’autres, tout aussi importantes. Comme les expériments courts, à vivre pendant l’année !

 

Rédacteurs : Marine Doucet, Benoît Lalire, Elise Couchoux

 des marches à franchir

AZ36-couverture
N°36 - février 2014

 

Des dizaines de clichés s’étalaient sur la table de la cuisine et un choix devait finalement s’opérer. Mais pour Jules, Louise et moi, il restait cornélien. Ce grand photomontage que nous souhaitions offrir à nos accompagnateurs compagnons paraissait tout d’un coup très compliqué à construire. Un simple cadeau pour les remercier des deux années passées ensemble, à nous conseiller, à nous faire prendre du recul, à faire grandir ce qui était désormais l’équipe des «Compas Peur». Mais qu’est-ce qui représentait au mieux ce que nous avions vécu? Bien sûr, il y avait les sourires des scouts malgaches et les paysages incroyables de leur contrée. Mais nos expériences de compagnons ne se résumaient pas uniquement à ce projet. Nous le voyions plus désormais comme l’aboutissement de tout ce que nous avons pu apprendre et entreprendre auparavant.

Oui, nous n’aurions pas été les mêmes, nous ne nous serions pas connus, aidés et appréciés de la même manière sans tous les expériments courts que nous avons entrepris avant, ensemble. Ils ont construit notre légende, ils ont bâti et éprouvé notre équipe. Ils ont été une bouffée d’air, une respiration dans le quotidien des extra-jobs. Un véritable rappel au sens de notre engagement. La rencontre de l’autre aurait-elle été aussi aisée sans ce projet monté avec la paroisse? Louise semble me comprendre et rajoute dans le pêle-mêle une photo de ces mères et de ces enfants heureux de trouver des jouets accessibles pour Noël. De même, aurions-nous été aussi autonomes et confiants pour rechercher un partenaire étranger si nous ne nous y étions pas essayés auparavant? Agir avec «Nature dans ta ville», cette petite association locale, a été l’occasion de nous prendre en main réellement.

Enfin, la vie d’équipe aurait-elle été aussi facile à l’autre bout du monde si nous n’avions pas pris conscience avant de nos forces et de nos faiblesses au cours de cet éprouvant chantier en Ardèche ? Ce soleil et cette chaleur avaient mis à l’épreuve notre équipe, mais en nous comprenant, en communiquant sincèrement, nous en sommes sortis plus forts. Jules glisse avec un sourire cette photo de nous trois, le soleil couchant, juste après une crise de larmes mémorable. Tous ces expériments courts nous apparaissent désormais comme autant de petites marches franchies avec succès. Des enrichissements et des difficultés qui font partie intégrante du rêve Compagnons... et sans lesquels notre projet à Madagascar aurait été bien différent.

Nicolas Debandt

Equipier national


AZ36-boussole-epinal

 

 

Guillemet-Azimut

Guillemet-droite-Azimut

Cet expériment a permis à chacun de prendre sa place dans l’équipe

 

Pierre-Yves, compagnon 1er temps, Épinal

 

 

« Nous sommes dix compagnons 1er temps répartis en deux équipes, mais nous nous retrouvons régulièrement. En novembre dernier, nous avons décidé de vivre un premier expériment au service de la rencontre européenne de Taizé. Avec la pastorale des jeunes des Vosges, nous sommes arrivés le 26 décembre à Strasbourg. Nous étions chargés de gérer la mise en place des grandes salles de prière. Le midi et le soir nous avions deux équipes de bénévoles sous notre responsabilité. Nous prenions les repas avec eux : il y avait des Allemands, des Anglais, des Polonais, et des Ukrainiens. Des moments privilégiés pour échanger. La rencontre la plus marquante s’est vécue au Parlement européen. Nous avons pris place dans l’hémicycle avec d’autres jeunes de toute l’Europe et nous y avons rencontré des députés.

 

. Cela nous a permis de mieux comprendre comment fonctionne l’Union européenne. On en entend beaucoup parler tout au long de l’année, mais là d’un coup c’était du concret ! Nous en avons reparlé en équipe et avec nos accompagnateurs compagnons au retour. Cet expériment a permis à chacun de prendre sa place dans l’équipe. Un des équipiers nous a épatés par son niveau en anglais. Il est désormais en charge de la communication pour notre camp de l’été prochain sur un rassemblement européen. Cette semaine passée tous ensemble nous a rapprochés et nous a soudés. Cela fait des années qu’on se connaît, mais aujourd’hui on se sent beaucoup plus proches et la vie d’équipe est plus riche. »


 

Guillemet-Azimut

Guillemet-droite-Azimut

Un pas vers notre futur expériment de solidarité internationale

 

Simon, compagnon 1er temps à Lingolsheim

 

AZ36-boussole-simon

« Cette année, nous avons voulu réaliser un expériment court s’inscrivant dans une piste d’action solidarité. Après des recherches, nous avons opté pour un partenariat avec l’association Caritas, en aidant à l’organisation d’une soirée flamenkuche (tarte flambée), afin de recueillir des fonds pour Caritas. Pas si simple de trouver une association avec laquelle réaliser ce projet : la première association contactée n’a jamais répondu à notre demande, et la seconde fut la bonne. Nous préparons cet expériment depuis décembre. Nous avons eu différentes problématiques à régler : le nombre de personnes accueillies, la prise en charge des factures, la mise à disposition de la salle pour la soirée…

Malgré quelques difficultés, cette expérience nous permet de créer complicité et cohésion dans l’équipe. Chaque membre a une tâche bien définie à réaliser. Nous devons nous faire confiance les uns les autres pour que notre projet avance. Cela nous a permis de diversifier nos activités. Cette expérience nous aidera à trouver des partenaires, à nous organiser seuls sans l’aide d’un chef, même si on l’a déjà fait plusieurs fois. Nous espérons que lors de l’accomplissement de l’expériment, nous découvrirons de nouveaux "mondes", que nous ne connaissons pas. C’est déjà un pas vers le futur expériment de solidarité internationale, une sorte de préparation. »


AZ36-boussole-st-ambroise

 

Guillemet-Azimut

Guillemet-droite-Azimut

Chaque week-end, on s’est relayés pour animer la radio de l’hôpital

 

 

Camille pour les « Embroisés », compagnons du groupe St Ambroise à Paris

« Le premier expériment court a été l’occasion pour notre équipe de construire un premier projet ensemble alors que nous ne nous connaissions, pour certains, que depuis le début de l’année. Il nous a permis de renforcer nos liens et de confirmer que nous pouvions mener des projets ensemble. Nous nous sommes mis à la recherche d’un expériment. Le bouche-à-oreille et Internet nous ont permis de trouver une idée originale : animer une radio dans un hôpital pour enfants. L’idée de se mettre au service d’enfants malades, parfois confrontés à une grande solitude, nous a bien motivés. Pour notre première émission, nous avons été accueillis par trois étudiantes qui avaient animé la radio toutes les semaines depuis deux ans. Elles ont su nous mettre rapidement à l’aise avec les enfants. Pendant deux mois, chaque week-end, nous nous sommes relayés à deux ou trois pour animer la radio. Comme nous ne pouvions pas tenir tous les six dans le studio avec les enfants, nous avons constitué des binômes ou des trinômes. Nous en avons profité pour renforcer les liens de notre équipe en les constituant entre personnes qui se connaissaient le moins bien.

Avant chaque émission, nous allions dire bonjour aux enfants et nous proposions à ceux qui pouvaient se déplacer d’animer la radio. Au studio, après les avoir équipés de casques et de micros, nous leur posions quelques questions puis les laissions s’exprimer librement au fur et à mesure que l’enthousiasme les gagnait. Nous commencions en général l’émission par des questions sur leur vie, leurs goûts, leurs rêves. Puis les enfants entonnaient des chansons, racontaient des blagues et laissaient libre cours à leur imagination débordante ponctuée de belles parties de rigolades. Certains, plus timides, restaient spectateurs et ne prenaient pas du tout la parole. De retour dans la chambre des enfants et au moment de leur dire au revoir, nous réalisions le changement opéré par l’animation radio sur certains d’entre eux, en leur permettant de s’exprimer. Et nous, nous réalisions à quel point nous avions envie de revenir rapidement les installer derrière les micros ! »

Votre partenaire sur internet

«En fait, l’asso, on l’a trouvée sur Internet ». Mais alors, sur Internet? Les mots-clés « solidarité Pérou» ou «projet de jeunes en Mongolie» sont très fertiles… mais les résultats sont-ils fiables? Si vous cherchez un partenaire sur Internet, n’hésitez plus, c’est sur compagnons.sgdf.fr qu’il faut aller ! Le carnet de bord donne les étapes pour construire un expériment court avec un partenaire. La boîte à outils présente une trame de convention de partenariat et un kit de reportage photos. Enfin les pages partenaires proposent des cadres de projets avec des partenaires fiables et dynamiques pour des expériments plein de sens et de rencontres.

Antoine Pauvarel, chargé de mission Burkina Faso

LEZINFINITIFS

Vivre

Vivre, c’est avoir une identité. On se détourne rapidement des pensées fades, alors qu’on accorde aisément un sourire au regard plein de vie. Vivre, c’est espérer. D’ailleurs, ne dit-on pas que lorsqu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ? L’espoir fait vivre. Les bâtisseurs de cathédrales ne voient jamais la fin de leur œuvre. Pourtant, ils sont les premiers à s’investir corps et âme dans la construction du bâtiment. Vivre, c’est contempler. Admirer le jeu d’un enfant, la mémoire d’un aîné, et les peurs des hommes, c’est comprendre la beauté de la vie. Vivre, c’est surtout profiter. Dépasser les frontières et briser les chaînes, cela permet de frôler, du bout des doigts, la plénitude de la vie. Vivre, c’est avoir une identité, c’est espérer, c’est contempler, c’est profiter. Et tellement de choses encore.

Vianney Furon

En équipe mixte à l'étranger
Le 3e temps, une année au service de l’engagement
Posted in Azimut, Boussole.