Destination le Togo en partenariat avec l’association JEMAV

Nous sommes une équipe de 4 compas : Marie, Paul, Olivier et Marion. L’été dernier, nous sommes partis un mois au Togo pour vivre un expériment long. En partant là-bas, nous avions pour objectif de dédier trois semaines au soutien scolaire et à l'animation auprès des enfants du village d’Atiho (canton d’Agbélouvé), et une semaine à la découverte du pays. Marion témoigne, récit d'une aventure riche en émotions et en découvertes.

Après deux années de travail nous avons pu finaliser avec succès notre projet solidaire au Togo en partenariat avec l'association JEMAV, qui est un organisme de développement et solidarité internationale à but non-lucratif basé sur les principes du volontariat et d’échange culturel. L’association est apolitique et son siège social se trouve au Togo.

Le 1er août 2016, nous sommes enfin arrivés à l’aéroport de Lomé. Malgré l’heure matinale, nous sommes accueillis chaleureusement par les membres de l’association.   

Après un repos bien mérité dans les locaux de JEMAV à Lomé, nous n'avions pas pu résister à l'appel du tam-tam. Les volontaires nous avaient concocté une soirée d'accueil à la togolaise… L’ambiance était au rendez-vous !

Le lendemain de notre arrivée à Atiho, nous sommes allés nous présenter au chef du village qui nous attendait avec impatience. Il nous a fait part de son bonheur de voir que des jeunes habitants à l'autre bout du monde soient sensibles à la situation des enfants de son village. Nous prenions conscience de la dimension symbolique de notre présence à Atiho.

Néanmoins, nous n’avons pas pu échapper au verre de Sodabi, l'alcool local traditionnellement servi pour accueillir des visiteurs ... Pas facile à 9h du matin !

Guidés par les enfants, nous partions visiter le village et découvrir ce qui fait leur vie quotidienne telle que la préparation de l'huile de palme, la lessive au plan d'eau ou encore le style architectural des maisons en pailles à l’instar de ce que nous avions imaginés.

En chemin nous prévenions les parents de notre présence et nous les sensibilisions à l'importance d'envoyer leurs enfants à l'école le lendemain, pour le début de notre mission de soutien scolaire.

Sur place pendant nos trois semaines de mission, nous étions accompagnés de 5 volontaires togolais : Cécile, Emile, Espoir, Jules et Charles.  De ce fait, ils nous aidaient à préparer le programme des journées et à interagir avec les enfants dont le français n'est pas la langue maternelle, même s'ils l'apprennent à l'école ! Notre temps était divisé entre le soutien scolaire les matins, les animations les après-midi et des temps conviviaux avec les volontaires tous les soirs.

De 8h à 12h, nous rejoignions l'école et retrouvions les enfants dans nos classes respectives. Olivier, Marion et Charles prenaient en charge les CP. Au programme, apprentissage de vocabulaire français, soustractions, additions mais aussi découverte de l'alphabet et des prémices de la lecture… Pas facile d'enseigner à des enfants qui ne parlent pas beaucoup le français ! En effet, les langues nationales majoritairement parlées à la maison sont  l’éwé et le kabiyè. Ces dernières ont été choisies en 1975 par le président Eyadéma.

Marie, aidée de Jules s'occupait des CE. Avec eux, elle approfondissait la maîtrise de la lecture et leur apprenait des poèmes. Elle leur a aussi fait réviser leurs tables de multiplication ! Du coté des CM, l'ambiance était sérieuse, avec Paul, Cécile et Espoir aux commandes. Ils faisaient chaque jour preuve de plus d'imagination pour les énoncés des problèmes de maths. 

Pour garder les enfants concentrés, nous alternions leçons, chants et jeux. A la fin de la mission, nous avons distribué quelques fournitures aux enfants en ajoutant des lots de récompense pour les plus méritants. A 15h nous retrouvions les enfants sur le terrain de foot pour les animations. Chaque jour, nous leur proposions des jeux différents adaptés à leur âge. Le but était qu'ils puissent y jouer à nouveau après notre départ. Voici quelques exemples : Scoubidous, Maquillage, Dessins, Thèque, Foot, Peinture d'une fresque en tissu, Eperviers, Chants et Danses traditionnels…

Nous avons aussi proposé des temps de discussion aux plus grands. Ces moments très enrichissants nous permettaient de découvrir nos cultures respectives. Les échanges portaient sur les fêtes traditionnelles, l'importance de l'école dans leur vie, leurs projets d'avenir etc…

Le but de notre voyage était d'apporter notre aide à la population mais aussi de nous ouvrir à une culture différente, ce que nous avons pu faire pendant nos 3 semaines de mission, en immersion complète avec les togolais.

Il nous semblait aussi important de visiter le pays dans lequel nous avions agi. La fin de notre séjour a donc été consacrée à la découverte du pays. Découverte de la flore, baignades, séjour à Kpalimé (ville célèbre pour son artisanat), visite de la maison des esclaves et des sites Tambermas (classés au patrimoine mondial de l'UNESCO), nous avons appris beaucoup lors de ces derniers jours. Sans oublier notre passage dans la ville ancestrale du Vaudou : Togoville.

Nous avons tous un ressenti différent, pour Olivier c’est le fait de s’étonner de l'humilité et de la joie de vivre de ces gens. L'Afrique n'est pas que ce continent pauvre et démuni qu’ils imaginaient. L'Afrique est aussi fête et simplicité. Quant à moi, je retiendrai notre discussion avec le prince du Togo. Ses mots m’ont poussée à nuancer ma vision du monde en le regardant depuis un point de vue que je n’avais jamais envisagé. Je pense me sentir grandie de cette rencontre et de notre voyage en général. Pour Paul,  c’est grâce aux échanges que nous avons pu avoir avec les Togolais, il a vraiment eu l'occasion de découvrir leur culture et leur façon de voir les choses. Il a également été marqué par la joie de vivre des villageois malgré leurs conditions de vie difficiles. Quant à Marie, elle gardera en mémoire la grande autonomie des enfants et leur maturité. Au Togo ce sont souvent les plus grands qui s'occupent de leurs frères et sœurs. Elle a aussi remarqué leur soif d'apprendre et de comprendre ce que nous leur enseignions à l'école. 

 Pistes d'action

Brevet scouts du mondepiste d'action solidarité

 

 Présentation de l'équipe

Compagnons : (contacter l'équipe)

Marie, Paul, Olivier et Marion

Équipe :
 2e temps - 2015/2016
Groupe :
 Mâcon 
Territoire :
 Bourgogne sud

Retour sur notre expériment…

Cet expériment nous aura permis de nous connaître davantage et de nous rapprocher. Ce mois passé au Togo a été une véritable bénédiction notamment pour la cohésion de l’équipe qui en a résulté. Nous avons vécu des moments très fort ensemble avec ses hauts et ses bas mais globalement nous nous sommes tous très bien entendus. Nous avons également beaucoup mûri et ouvert les yeux sur le monde qui nous entoure. Avant d’y être confronté, on ne s’en rendait pas forcément compte. Nous ne réalisions pas pleinement toutes les questions géopolitiques qui impliquent l’Afrique. De ce fait, nous avons eu la chance de pouvoir échanger à ce sujet avec les togolais qui nous ont transmis leur propre vision des choses. Enfin, nous avons appris à nous gérer de manière autonome et à nous responsabiliser.

Les points positifs ont été nombreux. Nous avons énormément apprécié le contact avec tous les enfants, c’était toujours agréable de les côtoyer chaque jour. De plus, les bénévoles se sont montrés extrêmement chaleureux à notre contact. Nous voudrions les remercier pour nous avoir permis de réaliser notre mission selon nos attentes. Par ailleurs, nous nous sommes aperçus que le métier d’enseignant ne s’improvisait pas pour répondre aux mieux aux besoins des élèves.

Nous avons relevé un point surprenant à l’instar de l’enseignement qui se déroule comme dans les années 50 en France où les maîtres pouvaient se permettre de corriger les élèves. Du coup, nous en avons beaucoup discuté avec une américaine qui vit là-bas et qui essaye de sensibiliser les maîtres contre ces pratiques.

C'est suite à notre expériment que nous sommes vraiment rendus compte que nous étions tous des citoyens du monde. Nous avons touché du doigt de manière concrète ce qu'est cette citoyenneté mondiale. Nous avons pris conscience que nous appartenions à un tout, à une humanité qui englobe notre voisin le plus proche, mais aussi les peuples les plus éloignés. Et chaque action que nous faisons peu avoir un impact sur cette humanité. En vertu de cette appartenance, en tant que citoyen du monde, nous avons le devoir de penser collectif afin de faire évoluer l'intérêt commun. Etre citoyen du monde c'est aussi avoir conscience des différences de l'autre, de les accepter et surtout d'y voir une richesse et une occasion de comprendre une nouvelle parcelle de l'humanité à laquelle nous appartenons.

 

 

 

Réhabiliter le centre de formation congolais
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